Les Conséquences sur la Santé

 

 

Tout être vivant fonctionne à  un certain niveau électrique et magnétique. Aussi, toute perturbation de notre environnement électrique et/ou magnétique aura des effets biologiques plus ou moins intenses et durables selon les conditions de cette perturbation (intensité, durée) et la sensibilité de chacun.

La valeur de 2 mG par 8h d’exposition est une valeur pivot au-delà de laquelle des risques sérieux existent.

 

D’après Robert BECKER, chirurgien-orthopédiste et chercheur dans un hôpital de Syracuse, dans l’état de New York, les champs électromagnétiques de faible intensité à 60 Hz agissent comme des « stresseurs ». Quand le stress est passager, l’organisme arrive à compenser, si le stress devient chronique, l’organisme finit par décompenser. Il se produit un épuisement des mécanismes de défense, visible dans l’analyse du sang.

 

W.R. Adey, neurologue, actuel président de la Commission Nationale Américaine de Protection contre les Radiations, écrit que l’exposition aux champs électromagnétiques artificiels est une forme de stress oxydatif, c'est-à-dire un facteur de vieillissement prématuré de l’organisme.

 

EFFETS BIOLOGIQUES DEFAVORABLES

 

¬         Dysfonctionnements neuroendocriniens

 

L’exposition à des champs magnétiques alternatifs 50-60Hz relativement faibles fait rapidement chuter la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale (épiphyse). La glande pinéale est une glande endocrine située à la partie postérieure du tronc cérébral. La mélatonine est une hormone à fonction chronobiologiques régulatrices multiples, tant sur le système reproducteur que sur les mécanismes immunitaires. Elle exerce une action protectrice majeure contre la prolifération cancéreuse, dans la destruction des radicaux libres (atomes ou molécules possédant un ou plusieurs électrons non appariés ; c’est cette particularité qui rend les radicaux libres extrêmement réactifs) et dans la neutralisation des hormones de stress.  Sa sécrétion se situe pendant la nuit avec un maximum vers 3h du matin. Elle est le chef d’orchestre de l’organisme. Elle est synthétisée à partir de la sérotonine, elle-même dérivée du tryptophane. Sous l’influence de champs magnétiques alternatifs inférieurs à 2mG, la mélatonine franchit la membrane des cellules pour y exercer son effet anti cancéreux, alors que lorsque les champs alternatifs ambiants atteignent 12mG (valeur courant près des lignes à haute tension), cet effet de la mélatonine est bloqué (Professeur R.P. Liburdy).

 

Des expositions aiguës de hamsters pendant des jours à des champs magnétiques alternatifs 60Hz, deux heures avant l’extinction des lumières ont supprimé l’augmentation nocturne de mélatonine dans la glande pinéale et dans le sang.

 

En résumé :

 

-         inhibition de la sécrétion nocturne de la mélatonine sous l’effet des champs 50/60Hz

-         blocage de la fonction anti-prolifération tumorale de la mélatonine sous l’effet d’un champ magnétique supérieur à 12 mG sur certains cancers.

 

¬         Modifications comportementales

 

Rythmes circadiens, agressivité, asthénie(=manque de tonus, de force), fatigue chronique, crise d’énurésie, hypernervosité, troubles de la mémoire et de la vigilance, altération du sommeil (insomnies, difficultés à l’endormissement).

Une équipe suédoise conduite par T. Akerstedt a montré que l’exposition de volontaires en bonne santé à des champs magnétiques alternatifs 50Hz de 10mG réduit le temps total de sommeil avec une réduction du temps de sommeil au stade 3+4 à ondes lentes ainsi qu’une réduction de l’activité des ondes lentes.

 

L’exposition à un champ magnétique de 20 à 60 mG généré par un transformateur électrique induit des effets neurovégétatifs (fatigue physique, asthénie, mélancolie, baisse de la libido, dépression, irritabilité..) et entraîne des modifications sanguines et immunologiques (baisses des lymphocytes…).

 

Selon une étude réalisée par Groh, Readey et Ehret en 1989, on observe chez les souris une augmentation de l’activité de la respiration.

 

¬         Troubles épileptiformes

 

A Mondelange (Moselle) ont été effectuées des mesures de champs électriques et magnétiques 50Hz dans des habitations bordant une rue située sous une ligne à très haute tension. Le champ électrique était compris entre 50 et 150V/m, le champ d’induction magnétique entre 5 et 18 mG. Suite à un audit de vétérinaires traitant les animaux domestiques de ce quartier, il est apparu un taux anormalement élevé de manifestations épileptiformes chez les chiens : une moyenne de 26,7 % de la population canine globale (toutes races confondues) exposées aux champs des lignes était atteinte. On sait que la population canine totale de la France présente une moyenne de 1,5% de manifestations épileptiformes, toutes races confondues. La moyenne du département de la Moselle est 2,2%.

 

¬         Troubles immunitaires

 

Neutropénie, leucopénie. Neutropénie=diminution anormale du taux des granulocytes (ou polynucléaires) neutrophiles circulants dans le sang.  Leucopénie=diminution du nombre des leucocytes (globules blancs) dans le sang.

 

L’immunité cellulaire comprend les cellules tueuses naturelles (natural killers). Les natural killers sont présentes dans la plupart des organes et sont capables de reconnaître les cellules tumorales et de s’y accoler pour les détruire (par lyse). Dans les études sur cultures cellulaires, cette aptitude à tuer est réduite par l’influence de champs électriques alternatifs 60Hz.

 

Baisse de plusieurs types  de cellules immunitaires, les lymphocytes CD2, CD3, CD4, leucocytes, polynucléaires, neutrophiles.

 

¬         Risques de leucémie

 

En Suède, des chercheurs de l’institut national de Médecine du travail ainsi que du département d’hygiène et de pathologie de l’environnement de l’institut karolinska ont montré que des enfants exposés à des champs magnétiques alternatifs de 2mG ont 2 fois plus de risques de contracter une leucémie que les enfants non exposés.

 

Une étude menée sur 450000 enfants et adultes en Suède montre qu’un seuil de 10V/m augmente le risque de leucémie de manière significative. Au-delà de 20V/m, le risque est 4.69 fois plus important.

 

Aujourd’hui, le centre International de recherche sur le cancer de Lyon, reconnaît un risque multiplié par deux de leucémies infantiles à partir de 4 mG.

 

¬         Risques de cancers

 

A l’université de Denver, dans le Colorado, Nancy Wertheimer, épidémiologiste de métier, publie en mars 1979 un article intitulé : « Les configurations de câblage électrique et les cancers infantiles » dans le Journal of Epidemiology.

Pour les études épidémiologiques réalisées de 1979 à 1993 et selon la Bonneville Power Administration (compagnie américaine distributrice d’électricité), sur 79 publications concernant les expositions professionnelles aux champs électromagnétiques, 49, soit 62%, font état d’une augmentation significative du risque de cancers chez les travailleurs de l’électricité.

Depuis 1993, plusieurs études épidémiologiques ont été publiées et, en particulier, celles de :

-         Thériault et coll. en 1994 : augmentation significative du risque de leucémie aiguë non lymphoïde et de leucémie myéloïde aiguë chez les travailleurs de compagnie d’électricité (Hydro-Québec, Ontario Hydro, EDF) exposée à un champ magnétique de 50/60 Hz supérieur ou égal à 2 mG.

-         Loomis et coll. en 1994 : augmentation significative du cancer du sein chez les femmes travaillant dans l’électricité.

-         Savitz et coll. en 1995 : augmentation significative du risque de leucémies et du cancer du cerveau chez les travailleurs exposés plus de 20 ans à un niveau de champ magnétique supérieur ou égal à 7 mG.

-         Coogan et coll. en 1996 : augmentation significative du cancer du sein chez la femme non ménopausée travaillant dans les métiers de l’électricité.

 

¬         Risques d’avortement et de fausses couches

 

En 1986, publication dans le Journal of Epidemiology, d’une étude de Wertheimer montrant un taux anormal de fausses couches chez des femmes utilisant des couvertures chauffantes, dont les circuits créent un champ magnétique alternatif de 5 à 10 mG.

 

Chez la femme, les risques d’avortement sont 5,1 fois plus élevés dans les maisons où le champ magnétique d’extrêmement basses fréquences est supérieur ou égal à 6,3 mG.

 

Publiée en janvier 2002, l’étude du Dr DE-KUN LI, épidémiologiste au Kaiser Foundation Research Institute (Oakland, Californie), sur 1000 femmes enceintes montre que celles qui ont croisé des champs avec des pics de l’ordre de 16mG ont 80% de chances en plus de faire des fausses couches, avec un risque accru durant les 10 premières semaines de leur grossesse (Sciences et Avenir, mai 2002).

 

¬         Dépressions nerveuses et suicide

 

Une publication de P.K. Verkasalo et coll. de 1997 étudie l’incidence de la présence de lignes électriques (110 à 400 KV) sur l’état dépressif de 12000 finlandais ; une augmentation significative (4.7 fois plus) du risque de dépression est observée chez les personnes vivant à moins de 100m de lignes électriques et exposées à un champ magnétique supérieur ou égal à 1 mG.

 

¬         Maladies cardiovasculaires

 

Une étude de D.A. Savitz et al. montre que des travailleurs de l’industrie électrique exposés à des champs magnétiques alternatifs 60Hz ont un taux de mortalité par maladies cardiovasculaires (troubles du rythme et pathologies coronariennes lourdes) plus élevé que des travailleurs non exposés professionnellement à des champs magnétiques à extrêmement basse fréquence.

 

¬         Maladie d’Alzheimer

 

Augmentation significative (de 3,8 fois) du risque de la maladie chez les hommes et les femmes exposés entre 2 et 100 mG sur leur lieu de travail.

 

¬         Carences en fer

 

A Coutiches (Nord), les riverains de lignes électriques à très haute tension exposés à un champ électrique et magnétique de 50 Hz présentent, jusqu’à une distance de 200m des lignes, une pseudo carence en fer (pseudo carence car l’organisme ne manque par réellement de fer, mais le sang en exhibe tous les signes habituels) (Eric Hachulla, Modifications du métabolisme du fer induites par les champs électromagnétiques. Congrès Int. de Médecine légale et d’environnement. Lille. Septembre 1998).

 

¬  Cristaux de magnétite : l’affolement ?

 

Le professeur Joseph KIRSCHVINK, du California Technology Institute, a mis en évidence la présence de petits cristaux de magnétite dans les cellules du cerveau, à raison de 5 millions de microcristaux par gramme de cerveau, ce qui correspond à plus ou moins 7 milliards de cristaux dans le cerveau. La magnétite est un aimant naturel (oxyde de fer naturel FE3o4). Elle est présente dans les végétaux (elle permet aux racines de pousser vers le bas). Ces cristaux de magnétite sont très sensibles aux champs électromagnétiques et ils se trouvent à l’intérieur même des cellules. Imaginez ce qui se passe dans une fragile cellule nerveuse exposée à un champ magnétique ! Tous les petits aimants de magnétite vont vouloir « suivre » le champ et donc changer de sens en même temps que lui. Comme le champ change de sens 50 fois par secondes, les aimants vont entrer en vibration. Il est donc facile de comprendre que cette vibration engendrera un effet irritatif qui sera susceptible de provoquer des perturbations physiologiques plus ou moins graves à court ou à long terme.

Les pigeons voyageurs ne rentrent plus au pigeonnier.

 

¬    L’électrosensibilité

 

Les premiers chercheurs à s’être intéressés à l’électro-sensibilité humaine ont été le professeur Cyril W. Smith (Université de Salford, en Grande Bretagne) et le professeur William Rea (allergologue, Université de Dallas, USA). Dès 1985, ils ont exposé, dans divers congrès scientifiques, des cas de patients atteints d’un curieux syndrome, relativement rare, associé à l’exposition aux champs électromagnétiques. Ces patients présentaient des troubles plus ou moins graves lorsqu’ils étaient soumis à divers champs électromagnétiques : insomnies, nervosité anormale, état de stress quasi permanent, angoisses incoercibles, tendances dépressives, dépression nerveuse, pertes d’équilibre, vertiges, nausées, chute brutale de la tension artérielle, troubles du rythme cardiaque, pertes de mémoire, pertes de conscience, éruptions cutanées, eczéma, chute rapide plus ou moins abondante de cheveux, crises asthmatiformes, absences épileptiformes…

Si l’on s’en réfère aux professeurs Smith et Rea, l’hypersensibilité électromagnétique ne serait qu’une forme particulière d’allergie croisée avec une sensibilité particulière à certaines substances chimiques : médicaments, pesticides, herbicides, engrais chimiques, solvants, additifs alimentaires…Tout le mystère réside dans le fait qu’une allergie, chez un individu donné, puisse induire secondairement une hypersensibilité électromagnétique. Et ce qui est plus mystérieux encore, c’est que l’hypersensible ne sera pas sensible à toutes les fréquences du spectre électromagnétique, mais uniquement à certaines d’entre elles (écrans cathodiques d’ordinateurs, champs électriques 50Hz, fréquences radar et de téléphonie mobile…).

 

Les expériences sur les humains en laboratoire

 

Principaux symptômes :

-         désynchronisation et raccourcissement du rythme circadien

-         diminution des performances intellectuelles

-         modifications de l’électroencéphalogramme

-         troubles du sommeil

-         baisse de la production de mélatonine par la glande pinéale

-         augmentation des oestrogènes chez les femmes

-         diminution de la testostérone chez les hommes

-         ralentissement du rythme cardiaque et arythmie.

 

Leonid PALTSEV du laboratoire électromagnétique de Moscou résume les conclusions en matière de santé humaine : « A mon avis, la première cible qui souffre, c’est le système nerveux central. C’est lui qui régule tous les autres organes. Puis des symptômes perturbent l’activité cardio-vasculaire, non seulement le fonctionnement du cœur lui-même, mais aussi le système vasculaire périphérique, à commencer par les vaisseaux sanguins du cerveau. Viennent ensuite les effets sur les systèmes hormonaux, la glande thyroïde et l’hypophyse, les glandes surrénales. Puis après de longues irradiations, on a une perturbation du système immunitaire, une sorte d’épuisement. Et là de nombreuses maladies peuvent survenir, infectieuses ou non. En plus, il y a des problèmes pour la reproduction : fausses couches, grossesses anormales, accouchement prématurés, retards de croissance… »

 

CHEZ LES ANIMAUX

 

Chez les élevages bovins exposés à des lignes à très haute et à moyenne tension, les animaux présentent de nettes chutes de cuivre, calcium, phosphore, magnésium accompagnées d’une hausse du taux d’urée.

On constate également une augmentation des mammites, des problèmes osseux et musculaires, des comportements anormaux : nervosité, refus d’entrer dans les locaux de traite, refus de boire dans les récipients métalliques…, tumeurs, traitements médicaux inefficaces, diminution des défenses immunitaires.

 

Une étude de Mevissen (Hanovre) a montré que des tumeurs mammaires initiées sur des rats femelles par administration orale de dimethyl-benzanthracène (DMBA), se développent plus rapidement et plus abondamment lorsque ces rats sont soumis à des champs magnétiques.

 

Une étude américaine récente réalisée par MIKHAIL et FAM montre que des souris exposées pendant 3 générations donnent une descendance où la tendance aux lymphomes malins est nette et indiscutable.

 

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